MÉDITATION TRANSCENDANTALE

 

MT ET SOCIÉTÉ

REVUE DE PRESSE

LIVRES

ACTUALITÉS

 


Revue de presse

 


- 5 -

 

 

 


David Lynch fut l’un des principaux orateurs du congrès de TiE (1) qui s’est tenu à Santa Barbara, en Californie, en mai 2006. Avec les scientifiques John Hagelin et Fred Travis il y fit une présentation sur le thème « La conscience, la créativité et le cerveau ». Le magazine Business Week y assistait et a réalisé l’interview ci-dessous.
 
___________________

(1) TiE : The Indus Entrepreneurs, ou Talent Ideas and Enterprise : Groupement international à but non lucratif de chefs d'entreprises et de professionnels dont l’objectif est l'évolution du domaine de l’entreprise. Leurs actions incluent conseil, communication et éducation.

 

 

BUSINESS WEEK 
26 MAI 2006
Innovation

 David Lynch se lance dans des eaux profondes

Le réalisateur parle affaires, méditation, bonheur,

et explique comment faire un bon film qui résiste au test du temps.

Prêtez l’oreille !

David Lynch n’a jamais battu les records du box office mais cela ne fait rien. Depuis 1978, le metteur en scène iconoclaste d’Elephant Man, Blue Velvet, Mulholland Drive et de la série télévisée Twin Peaks a convaincu studios, groupes de communication et autres investisseurs d’apporter leur soutien à plus de 15 projets non hollywoodiens – et ce n’est pas fini.
 En cours de route, il a obtenu trois nominations à l’Oscar du meilleur réalisateur, une Palme d’or au Festival de Cannes, d’excellentes critiques dans le monde entier et un public fervent. En 1990, le Time magazine, en couverture, le qualifiait de génie. Intransigeant sur le plan artistique, Lynch, 58 ans, est l’un des rares metteurs en scène d’Hollywood qui exige et obtient le droit de montage final de ses films. On lui doit un style qui est l’un des plus singuliers et distinctifs du cinéma mondial.
Pour réussir à faire financer et distribuer ses films, Lynch a dû innover en affaires autant qu’en cinéma. A la fin des années 1970, alors qu’il terminait ses études à l’American Film Institute, il prit un travail de livreur de journaux (il distribuait le Wall Street Journal) pour aider au financement de son premier long métrage, Eraserhead. C’est pendant cette période qu’il découvrit la Méditation Transcendantale qui allait devenir essentielle à son processus créatif.
 En 2005, il crée la Fondation David Lynch pour l’Éducation Fondée sur la Conscience & la Paix Mondiale, dont l’objectif est l’enseignement de la Méditation Transcendantale dans les écoles américaines. Lynch donne souvent des conférences sur l’utilisation de la méditation dans les entreprises pour développer la créativité et les capacités décisionnelles.

Justin Hibbard, correspondant de Business Week.


La plupart des gens n’associent pas la méditation au monde des affaires. Pourquoi parlez-vous de méditation aux personnes qui travaillent en entreprise ?
Dans l’entreprise il faut des idées. Si votre conscience commence à s’élargir, vous avez davantage de chances d’avoir plus d’idées et de meilleures idées. C’est comme à la pêche. En surface vous trouvez des petits poissons ; allez en profondeur et vous en trouverez des plus gros. Gros poissons, grandes idées.

Vous conseillez aux chefs d’entreprises d’offrir la méditation à leurs employés et de la pratiquer sur le lieu de travail. Pourquoi une entreprise investirait-elle dans cela ? Il y a des entreprises qui fonctionnent à la peur, mais il y en a aussi qui fonctionnent de façon beaucoup plus humaine. Les entreprises qui fonctionnent à la peur sont le théâtre de l’absurde. Quand vous travaillez dans un bureau où c’est la peur qui domine, vous commencez à prendre votre travail en horreur, cette aversion se transforme en colère, votre colère se manifeste dans votre travail et votre vie devient un enfer. Vous ne vous donnez pas à fond à votre travail, votre vie familiale en pâtit, c’est toute votre vie qui s’en trouve affectée.
Si je dirigeais une grande entreprise, je dirais à chaque employé : « Vous avez la possibilité d’apprendre à plonger en vous-même ». Et en deux mois vous commenceriez à voir les gens arriver au travail plus vifs, plus heureux, prêt à travailler pour vous avec bien plus d’ardeur. Cela deviendrait comme une famille. Et les idées couleraient à flots, ce qui pour une entreprise revient à gagner de l’argent.

Comment la méditation aide-t-elle vos idées à  surgir ?
Je vous donne un exemple. Celui de mon film Mulholland Drive. Il était conçu pour un pilote de série télévisée à durée indéterminée. ABC l’a détesté. J’ai saisi l’occasion pour en faire un long métrage. Je me retrouvais donc tout d’un coup à devoir trouver la fin du feuilleton. Une nuit je me suis assis pour méditer et, littéralement, comme un collier de perles, toutes les idées me sont venues. Normalement vous méditez et ce n’est qu’après la méditation que vous pensez. Mais ça s’est produit tout seul. Dès que j’ai eu fini de méditer j’ai écrit l’histoire de ces méchants et voilà, c’était fait.

Est-ce inhabituel que les idées viennent ainsi pendant la méditation ?
Oui, c’est inhabituel. Quand vous méditez vous allez vers l’intérieur, vous transcendez et faites l’expérience de la conscience pure. Vous en ressortez rafraîchi, l’esprit pleinement éveillé et plein d’énergie. Après quoi vous pouvez vous focaliser sur vos problèmes, sur vos affaires, sur votre film.  Il est alors plus facile de se concentrer, l’attention est beaucoup plus soutenue.

Les idées vous viennent-elles complètement développées comme dans l’exemple de Mulholland Drive ?
Oui, c’est fréquent. Mais souvent il ne vous vient qu’un fragment. L’idée qui vous vient est comme une pierre de Rosette. Ce fragment vous plait ; de là c’est cette petite idée qui va attirer à elle toutes les autres idées. C’est comme l’appât au bout de l’hameçon. Cela peut aboutir à une partie d’une scène ou cela peut donner l’atmosphère de tout le film. Vous commencez alors à vous focalisez sur ce fragment, du coup d’autres poissons viennent nager vers vous, que vous saisissez, et vous obtenez deux ou trois scènes de plus.
Plus vous obtenez, plus le reste vient facilement. C’est comme s’il y avait plus d’appât. Et un jour vous avez tout le scénario. Alors vous sortez et vous allez faire le film en restant fidèle à ces idées. Maintenant il peut arriver qu’un autre poisson apparaisse en cours de réalisation. Vous ne tournez jamais le dos à une bonne idée, ou à un bon poisson. Mais vous vous retournez pour vous assurer que les choses avancent conformément aux idées de départ. Et si de nouvelles idées apparaissent, vous vérifiez qu’elles vont réellement et véritablement bien avec ce qui a déjà été fait.

Comment savez-vous si une idée est bonne ou mauvaise ? 
L’intuition. Il y a les émotions, il y a l’intellect, et puis il y a l’intuition qui est comme les émotions et l’intellect ensemble. Dans le domaine des affaires vous pouvez vous sentir incapable d’expliquer aux autres une perception intuitive mais vous direz : « Je sais que c’est ainsi que je dois faire. Je sens que c’est juste. C’est intuitivement juste. » Et vous ferez comme vous le sentez. Tout le monde vous dira peut-être que vous êtes fou, mais vous décidez de prendre le risque.

Vous dites aussi que la méditation aide à prendre des décisions. Pouvez-vous nous donner un exemple relatif à votre travail ?
Une nuit, alors que nous tournions Lost Highway, nous avions une scène d'intérieur dans un endroit donnant sur l’extérieur, genre restaurant des années cinquante avec vue sur un parking en arrière-plan. Tous les acteurs, pour cette scène, portaient des vêtements secs, aucun n’avait les cheveux mouillés et tout avait été prévu avec un décor parfaitement sec. Or, quand nous fûmes installés il se mit à pleuvoir et le parking en arrière-plan se retrouva trempé.
Tout indiquait qu’on allait tous rentrer chez nous. Ce qui nous ferait perdre une nuit et beaucoup d’argent. Alors je décidai de continuer à filmer. Je tournai la scène prise par prise tout en réfléchissant à ce qui aurait pu mouiller le parking en dehors de la pluie. Et j'ai mis à l’arrière-plan des gamins en train d’arroser avec des tuyaux d’arrosage de sorte que la pluie avait l’air de venir de là. L’idée des tuyaux d’arrosage sauva la journée.

En somme vous avez fait preuve d’imagination ?
Oui, c’est souvent comme ça. Vous cherchez une solution et les solutions viennent d’autant plus facilement que vous avez plus de conscience. Si la conscience est de l’or pur, la seule chose qu’il vous faille est la clef permettant d’ouvrir la porte de ce grand coffre-fort. A partir de là l’or est à vous.

Vos films ont un style unique et reconnaissable. Faites-vous quoi que soit de délibéré afin d’éviter les banalités et les clichés ?
Non, parce que cela est un faux habit. Je suis simplement fidèle aux idées qui me plaisent. Vers la fin du processus, il y a une prise en considération du public. On apprend beaucoup quand on regarde un film en présence de nombreuses personnes. Il suffit de s’asseoir avec elles et on repère les passages trop lents, ceux qui sont mal compris, ou encore une réaction à laquelle on s’attendait pas. Cela peut amener, vers la fin, à légèrement modifier l’ensemble. Mais faire quelque chose de faux, qui ne ferait pas vraiment partie de l’idée, serait un tort. Un film est fait pour vivre dans le temps et nombre de ces choses fausses sont faites pour le public d’aujourd’hui, pour faire de l’argent tout de suite, et elles ne tiennent pas debout. Si vous restez fidèle à votre idée, alors le résultat durera.

Retour à la page "Revue de presse". 

 

 

Accueil   La MT   Validation   Actualités   Contacts